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  • Photo du rédacteurPaul Vernet

EXE, le stu-duo créatif suisse



Vous pouvez vous présenter chacun votre tour ?


Erann : Je m’appelle Erann Favretto, j’ai 21 ans, je suis suisse et italien et j’habite en Suisse.


Noam : Moi c’est Noam Khamlichi, j’ai 21 ans également et j’habite en Suisse, à Neuchâtel plus précisément.


Vous vous êtes rencontrés comment tous les deux ?


Noam : On a fait la même école, une école d’arts appliqués, c’est là qu’on s’est rencontrés. Peu à peu, on a commencé à faire des projets ensemble et ensuite, on s’est suivis dans une deuxième école plus axée sur la vidéo, dans laquelle on ne s’est pas vraiment plus, et qui nous a fait réaliser que c’était vraiment le graphisme et la 3D qu’on kiffait. C’est pendant cette école qu’on a commencé à développer EXE.


Elle vous vient d’où justement cette passion pour le graphisme et la 3D ?


Erann : Notre première école nous a surtout appris la manière d’appréhender la pratique du graphisme et du design en général. v À partir de là, on a commencé à se passionner pour ce domaine, en se partageant plein de références, plein de comptes de typographie et de graphisme sur Instagram, ce qui nous a permis de développer un œil, même alors que nous étions toujours à l’école à côté.



Justement, ces références que vous vous partagiez, c’étaient lesquelles ? 


Erann : Une de nos premières références qui nous a beaucoup influencés, c’est Gucci Maze, un designer japonais. Sur la scène suisse, on a Dexter Maurer qui est une grande source d’inspiration pour nous depuis le début.


Noam : On suivait également beaucoup Tom Arena, qui faisait beaucoup de typographies chromées à l’époque. Visuellement, cette esthétique nous parlait beaucoup. L'idée de mettre en lumière ses typographies avec des textures chromées et de la 3D, c’est ce qui nous a amenés petit à petit vers cette pratique de la 3D et du motion design. Ça nous permettait de donner une autre dimension à nos lettrages. Globalement, tous les domaines qu’on a appris s'articulent autour d’une même base, la typographie. Sinon, en termes de références de studios, on apprécie énormément le travail de Golgotha et WWWESH STUDIO entre autres.


Étant donné que votre pratique est pluridisciplinaire, quelles sont vos appétences individuelles ?


Noam : Évidemment, au niveau de la typographie, on a chacun notre style, mais ce n’est pas le domaine qui nous différencie le plus. Par exemple, Erann est plus dans la partie réalisation, donc la 3D, le motion design… Il a une bonne compréhension des logiciels et une bonne logique, ce qui le rend fort techniquement et très patient. De mon côté, je gère plus la partie gestion client, la direction artistique de nos projets (références, inspirations, concepts…) et la partie graphisme. C’est comme ça dans la plupart des cas, mais ça ne nous empêche pas d’intervertir de temps en temps nos rôles. On est hyper complémentaires et se connaît super bien. Je peux très bien travailler un motion pendant que Erann s’occupe de la D.A, nos rôles ne sont pas définis à 100 %.



Quels sont vos logiciels créatifs préférés ?


Erann : Pendant longtemps, c’était After Effects, mais maintenant je pense que c’est Blender. J’étais vraiment focalisé sur le motion avant, mais maintenant la 3D me fait de l’œil, sachant qu'il y en a de plus en plus dans le motion design. En plus, c’est un logiciel gratuit, open-source, le meilleur logiciel selon moi.


Noam : De mon côté, je dirais Illustrator, Photoshop et Procreate, c’est le trio gagnant.


Pourquoi vous avez décidé de lancer EXE, ça s’est fait petit à petit ou il y a eu un élément déclencheur ?


Noam : Je peux répondre Erann ? (Rires)


Erann : Vas-y !


Noam : À la base, Erann faisait de la musique et moi, j’avais très envie de commencer par des clips. J’ai donc commencé à faire les premiers clips d’Erann. Pour le premier clip, Erann a fait un lettrage, puis on a fait une cover à partir d’un screenshot de la vidéo. On a commencé à se mettre dedans comme ça. De fil en aiguille, on a ensuite réalisé la cover de son album, une animation pour son frère, qui faisait également de la musique, et on a commencé à faire des trucs pour nos potes qui faisaient de la musique. C’est là qu'EXE est apparu, sans qu’on le sache vraiment.


Erann : On a vu qu’on avait la même vision, que nos méthodes de travail s’accordaient bien et que nos styles se complétaient. C’est donc lorsqu’on était dans cette deuxième école de vidéo qu’on a décidé de créer le compte Instagram EXE, dans laquelle on réunissait nos travaux. On s’est challengés de voir jusqu’où on pouvait amener ce projet, pendant ces 2 ans d’études qui nous restaient et qui ne nous passionnaient pas vraiment. Finalement, à la fin de cette école, au vu de la demande, on s’est lancés à 100 % dans EXE il y a 4/5 mois maintenant.


On a parlé un peu de musique, c’est effectivement au cœur de beaucoup de vos projets, c’est quoi votre lien avec, vous êtes passionnés depuis longtemps ?


Noam : En vrai, oui, ça me passionne depuis longtemps. Au début, on voulait faire que des covers de rap, j’écoute beaucoup de rap français. En avançant, on a compris que c’était une industrie dans laquelle c’est dur de gagner sa vie, à cause des enjeux et du manque de financement pour la partie graphisme. Maintenant, on veut justement un peu s’éloigner de ce milieu. Ce qui nous plaisait, c’était cette liberté créative qu’on avait, contrairement à d’autres univers plus « corporates » dans lesquels tu dois répondre à des critères marketing.


Erann : On s’est aussi vite rendu compte que c’est assez frustrant de bosser avec des artistes, puisqu’ils ont une vision artistique bien précise et que nous aussi, on a également notre vision. Ça nous force toujours à trouver un compromis entre notre idée et la leur. Du coup, maintenant, on essaie de bosser plus dans la communication, avec des demandes plus factuelles, parce que penser « art » et essayer de réaliser une belle cover tous les jours, c’est juste impossible. C’est pour ça qu’on a aussi besoin d’avoir des projets plus concrets, qui sont moins axés sur des envies précises.



Vous collaborez régulièrement avec Dexter Maurer, qui a lui même collaboré avec des artistes comme Mairo, Makala ou Muddy Monk, comment s’est passé votre rencontre ?


Erann : Déjà, Dexter c’est un peu notre « big master », on lui doit tout !


Noam : On l’a rencontré lors d’un workshop qu’il animait quand on était à l’école d’art de La Chaux-de-Fonds, notre première école. On m’annonce un workshop « illustration », donc pour moi qui ne sais pas trop dessiner, j’avais pas beaucoup d’attentes.. On avait déjà vu rapidement ses travaux avant, notamment pour Muddy Monk et pour Makala, mais je ne connaissais pas plus que ça. Au final, ça a été la meilleure semaine de ma vie. Dexter, c’est vraiment un amour. Alors que l’école nous incitait d’habitude à travailler un vrai concept, Dexter nous a dit ‘Je m’en fous de votre concept, je veux juste qu’à la fin du workshop, vous ayez une image qui tabasse’, ça nous a trop motivés. Quelques temps après, il est venu nous envoyer un DM, notre premier sur EXE d’ailleurs, pour nous demander d’animer des illustrations qu’il avait réalisées à destination de Muddy Monk pour un concert à Paris. De là, on s’est vraiment rapprochés et liés d’amitié avec lui, puis on continue de collaborer ensemble sur quelques projets. Récemment, pour Nike, il est venu vers nous pour nous demander d’animer son illustration de nouveau, ce qui est incroyable. On le remercie 1000 fois.


Erann : C’est vrai que quand on l’a rencontré, on a été très inspirés par son parcours puisqu'il a commencé en postant des sortes de fan art sur Behance, justement pour des grosses marques comme Nike, dans le but de se faire repérer. Au final, ça a fonctionné, Nike est venu le contacter grâce à ce projet sur Behance. On s’est donc identifiés à son parcours, c’est un gars qui s’est fait sur les réseaux. Aujourd’hui, on s’appelle régulièrement et il nous aide beaucoup.



Vous pensez quoi de la scène graphisme en Suisse ? 


Noam : La scène suisse n’est pas très grande, contrairement à Paris par exemple, même s'il y a beaucoup de Suisses à Paris. En Suisse, on a une chance, qui est notre patrimoine graphique. On a les meilleurs typographes, on est très appréciés pour cette culture graphique justement, ce qui fait qu’à l’école, on a été très bien formés et sensibilisés au graphisme suisse. Par exemple, en Suisse, on a l’ECAL, qui est une école très réputée dans le monde du design. Je trouve que c’est assez dur de survivre dans ce milieu en Suisse, car, déjà, la vie y est très chère et ce n’est pas un pays qui met en avant l’art et la culture, les gens vont plus chercher une stabilité financière, donc beaucoup de gens arrêtent le graphisme car c’est trop dur d’en vivre.


Vous avez des recommandations de talents suisses à faire ?


Noam : On a des personnes très talentueuses comme Sébastien Strappazzon, qui a co-fondé la marque Avnier, l’artiste 3D Yuzu qui est trop forte, la styliste Lauren Isabel qui fait bouger les choses en Suisse, je trouve, et également les studios Floating Point et Dual Room. L’illustrateur Shinigekko, les photographes Laureat Bakolli, Nadia Tarra, des réalisateurs comme Metanoia, Adrien Wagner, il y a énormément de talentueux artistes, c’est dur de cité tous les noms de la scène Suisse.



Quel est le projet dont vous êtes le plus fier ?


Erann : Je dirais que celui que je préfère, c’est le taff pour Nike, même si ce n’est pas le plus technique qu’on ait réalisé et que c’était par l’intermédiaire de Dexter, ça reste quand même un client de renom. J’ai beaucoup aimé notre participation au Air Max Day. Nous qui sommes beaucoup dans le digital, c’était très cool de pouvoir faire un événement physique, dans lequel on a pu exposer trois posters qu’on a réalisés.


Noam : Je trouve d’ailleurs que ces trois affiches représentent vraiment l’essence même de EXE car elles mélangent la typographie, la 3D, les couleurs fortes. Sinon, nous sommes très fiers de notre showreel 2023 « Join The Experience » qui est, je pense, le projet le plus abouti qu’on ait fait jusqu’ici.




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Behance : EXE WORK

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